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Liberté

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Le Marquis de Sade était libre ! Derrière les barreaux du donjon de Vincennes ou d’ailleurs, l’artiste – ou l’esprit libre, qu’Ernst Jünger appelait anarque – trouve toujours moyen de vivre et même de créer. Chacun peut y parvenir, dès lors qu’il a su s’affranchir de ses geôliers ou de ses maîtres, mais surtout de ceux qu’il s’est créés lui-même et qui sévissent dans son for intérieur. C’est tout un art de savoir transgresser les lois, qu’elles soient morales, esthétiques ou carcérales… D’ailleurs, ne devrait-on pas, au moins une fois dans sa vie – aujourd’hui, tiens ! – questionner sa propre capacité à défier les dogmes et les institutions ? Qu’elles soient politiques, familiales ou amoureuses, celles-ci sont les garantes d’un certain ordre social, soit. Mais qu’est-ce que l’ordre sinon la tyrannie ? Être libre, n’est-ce pas oser vouloir « changer la vie » (Rimbaud), comme le suggère Marc-Édouard Nabe dans Aux Rats des Pâquerettes (2019) ? Est-ce encore d’être capable de neutraliser son ego ; faire voler en éclats toutes les croyances paralysantes qui nous empêchent d’aborder un inconnu dans la rue ? Ou est-ce enfin jeter au feu ses meubles, son téléphone et ses papiers d’identité ? Qui ose rêver grand s’approche de la liberté ; qui rêve petit n’en hume pas même le parfum. Qu’on s’inspire de l’insoumission des tribus cheyennes mise en scène par John Ford (1964), du plaidoyer anti-prison de Tony Ferri (2018), de la quête anarchiste du héros de V pour Vendetta (2005) ou encore de la philosophie-voyou de Tyler Durden (Saint-Vincent, 2007) – personnage culte du film Fight Club –, les combats à mener sont multiples. Comme individu et contre soi-même ; comme être social et contre la société aussi. Toute défiance envers la morale ou la loi répond à un instinct de vie ; à un instinct de justice aussi. Et dans cette quête, la liberté n’est ni une évidence ni une fin en soi. Elle demeure pourtant le meilleur des alliés. L’artiste, le travailleur social ou le gardien de prison en savent quelque chose… Qu’elle soit individualiste comme Cyrano de Bergerac ou le fruit d’une bataille collective comme celle d’un peuple face à l’envahisseur, la liberté s’acquiert dans la lutte. Il ne suffit pas d’écrire son nom.

(YH)

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